Prémices et prémisses
LA VÉRITABLE HISTOIRE DU MONDE

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Pour sauver les âmes de cet univers atteint par le Mal, une procédure avait été arrêtée en haut lieu : injecter d'abord un médicament d'action profonde et durable, afin d'éliminer un maximum de métastases et d'enrayer (autant que faire se peut) la réplication des cellules anormales, puis opérer la tumeur résistante et réitérer, si nécessaire, pour empêcher sa reconstitution.

Dans l'absolu, cette thérapeutique garantit un sursis d'environ mille ans, qui est mis à profit pour désincarcérer autant d'âmes que possible. La rechute se produit quand le Mal devient résistant au remède. Une nouvelle injection est alors inutile et, le cancer se généralisant, opérer n'a plus de sens. Toute thérapie étant sans objet, il ne reste plus qu'à attendre l'improbable guérison spontanée…


Aux alentours de l'An Mil, la maladie récidive comme prévu, mais l'état du Monde empire sans jamais connaître la moindre rémission, menant l'humanité au bord de l'anéantissement. Les premières bombes atomiques viennent alors d'exploser, et il faut se rendre à l'évidence : le Mal ne régressera jamais. La faute en incombe aux hommes qui ont placé leur confiance dans le progrès : leur méprise est totale. Le Faux prophète vient à peine de faire descendre le feu du ciel sur terre devant les hommes †1, que déjà ils manquent s'autodétruire ! Une dernière intervention s'impose donc, afin de dégager les âmes élues de ce piège mortel…

Le monde moribond est d'abord soumis à des soins palliatifs, le temps d'établir sereinement un bilan préopératoire. Sans surprise, il confirme que la situation est désespérée : les cellules saines sont prisonnières de néoformations malignes omniprésentes et résistantes à toute médication. Pour les libérer, il faudrait pouvoir brûler sélectivement les tissus qui les cernent : opération depuis longtemps impraticable. Mais l'examen confirme que la maladie est entrée dans sa dernière phase : les métastases fusionnent, et chaque cellule du néoplasme est désormais reliée à l'ensemble des autres.

Paradoxalement, cette évolution constitue une opportunité sans précédent car, en unifiant ses foyers tumoraux, le Mal perd l'avantage stratégique de la dissémination et devient globalement vulnérable à ses propres dysfonctionnements. Autrement dit, il suffit d'altérer le comportement de quelques cellules clés †2, pour que son économie se dérègle et que ses systèmes de régulation anarchiques s'emballent, entraînant une réaction en chaîne qui désintégrera l'ensemble de sa structure et libérera d'un coup les âmes qu'il détient. [Extrait des pages 24-25]

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