Ouverture du premier sceau
ANTINOMIE

Où est le sage ?
Où est le savant ?
Où est le raisonneur de ce temps ?
Dieu n'a-t-il pas convaincu de folie la sagesse du Monde ? †1

L'opposition radicale des perspectives mondaine et céleste revient comme un leitmotiv tout au long des Textes. Depuis le point de vue mondain, il est impossible de connaître la véritable histoire du Monde ou la raison de l'humaine condition, car la connaissance ne se développe ici-bas qu'en circuit fermé, d'abord à partir de l'erreur originelle, puis d'après les fables que l'homme s'invente et s'enseigne réflexivement. [Extrait de la page 41]

[...]

Comprenant le danger que cet extraterrestre révolutionnaire pouvait représenter pour leurs affaires, les chefs du peuple le livrèrent au boucher, auquel il répéta encore, avant de mourir :

« Mon royaume n'est pas de ce monde. » †7

[Extrait de la page 42]

[...]

Mille ans plus tard, Satan remonta de l'Abîme (où Dieu l'avait aussi fait jeter) et entra personnellement dans l'arène. Il rassembla ses antiques grimoires éparpillés aux quatre coins du Monde, et ressuscita la Bête. Au début, la civilisation renaissante évolua à bas bruit, puis, bénéficiant de l'adhésion générale (toute la terre, admirative, suivit la Bête †11…), elle accéléra sa charge vers l'objectif qu'elle avait jadis visé. La Bête avait tiré leçon de son échec historique : pour gagner cette ultime guerre, elle lèverait cette fois une immense armée de maîtres qui s'attaquerait en priorité aux enfants !


Quand la séparation d'avec Dieu a plongé les hommes dans les ténèbres, un monde fantasmagorique a surgi, qui s'est substitué à la Réalité. Mais le rêve étant par nature décousu et impermanent, il fallait l'ordonner et le pérenniser. C'est la “ science ” qui s'en est chargée, sélectionnant parmi les mensonges de la nuit ceux qu'il convenait de retenir, pour construire – brique après brique – un univers apparemment cohérent et crédible. D'où les tâtonnements, la “ recherche ”, les querelles d'experts et la valse des théories… d'où le “ progrès ” en marche !

Puis les faux prophètes †12 ont enseigné ces inventions aux générations montantes comme s'il s'agissait de vérités inébranlables – de “ lois de l'Univers ” ou de “ la Nature ” –, opérant de grands signes et des prodiges †13 jusqu'à faire descendre le feu du ciel sur la terre devant les hommes †14, trompant ceux qui, comme Thomas, ne croient qu'à ce qu'ils voient.

C'est ainsi qu'aux deux contextes de la lumière et des ténèbres, sont aussi associées deux formes d'esprit, l'esprit de vérité et l'esprit d'erreur †15, et enfin, deux types de pensée, comme Pierre devait l'apprendre à ses dépens, quand Jésus lui cria, furieux :

« Va-t'en, arrière de moi, Satan ! Tu m'es un obstacle,
car tes pensées ne sont pas celles de Dieu, mais celles des hommes. » †16

[Extrait des pages 44-45]




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