Ouverture du quatrième sceau
LE FAUX PROPHÈTE

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Ces trois bêtes sont évidemment des images, des symboles, des zoomorphismes – vous le savez si vous avez suivi attentivement les chapitres précédents. Elles représentent métaphoriquement les trois composantes de la Bêtise, mais elles ont aussi leur pendant sur le plan concret (avatars). La première, le Dragon †3, est votre ignorance de Dieu, mais c'est aussi le personnage de l'An Mil qui mit fin aux mille ans de règne du Christ… La seconde, la Bête †4, est votre idolâtrie, mais c'est encore la bête qui monte de la mer, c'est-à-dire, du point de vue d'un Juif de l'antique Palestine, la civilisation idolâtrique grecque †5. [Extrait des pages 163-164]

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Qui est vraiment à l'origine de vos difficultés grandissantes ? Qui se présente comme le plus grand espoir de l'Humanité, vous promet monts et merveilles (jusqu'à l'immortalité !) mais, dans le même temps, pollue la terre, ébranle les puissances des cieux †20 et met entre les mains d'irresponsables le feu du ciel †21 ? La réponse tombe sous le sens, mais elle est double : la bête qui monte de la terre a deux cornes, et il vous faut en tenir compte…

Je vis monter de la terre une autre Bête (c'est le Faux prophète) ; elle avait deux cornes semblables à celles d'un agneau, mais elle parlait comme un dragon (i.e. comme Satan – le Dragon, le Grand Dragon †22 – le Père du mensonge †23). Et tout le pouvoir de la première Bête (i.e. de l'Idolâtrie), elle l'exerce devant elle, et elle prépare la terre et ceux qui y habitent pour qu'ils adorent la première Bête dont la plaie mortelle a été guérie. Et elle fait de grands signes, jusqu'à faire descendre le feu du ciel sur la terre devant les hommes. †24

Le feu du ciel est celui du soleil ; il s'agit donc du feu nucléaire. Avec ce signe-là, l'Humanité voit pour la première fois sa mort en face, et c'est à la science qu'elle le doit. La science qui révèle les mystères cachés de la Nature †25, est l'une des deux cornes du Faux prophète. Trompés par ses miracles, ceux qui habitent sur la Terre adorent la première Bête dont la plaie mortelle a été guérie, c'est-à-dire retombent de plus belle dans l'idolâtrie.

Car la Bête, celle qui a la plaie du glaive et qui a repris vie †26, singeant le Christ, meurt et ressuscite. En d'autres termes, lors de sa Venue, Jésus blesse à mort l'Idolâtrie par sa Parole, « de sa bouche sortait une épée acérée à double tranchant †27 », dit le visionnaire de l'Apocalypse ; malheureusement, mille ans plus tard, la plaie mortelle sera guérie, et la terre entière retournera à ses vieux démons :

L'une de ses têtes était comme égorgée à mort,
mais sa plaie mortelle fut guérie.
Et la terre entière, émerveillée, suivit la Bête. †28

Quand Moïse s'attarde dans la montagne, ceux qui restent en bas retournent à l'idolâtrie ; quand le Christ tarde à redescendre du Ciel, il en va de même, mais en plus grave : le primitif veau d'or – pitoyable statue de bête – est refondu en une image de la Bête †29 qui parle et a de l'esprit, et c'est l'autre bête, le Faux prophète, qui incite les hommes à créer et à révérer cette nouvelle idole…

Et elle (la bête qui monte de la terre, le Faux prophète) égare ceux qui habitent sur la terre par les prodiges qu'il lui a été donné de faire devant la Bête, disant à ceux qui habitent sur la terre de faire une image pour la Bête, celle qui a la plaie du glaive et qui a repris vie. Et il lui fut donné de donner un esprit à l'image de la Bête, pour qu'ainsi l'image de la Bête parle et fasse que tous ceux qui ne se prosterneraient pas devant l'image de la Bête soient éliminés. †30 [Extrait des pages 168-169]

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Ne vous comportez donc pas comme ces hérétiques qui picorent dans l'Écriture, acceptant ceci, rejetant cela. Ces faux croyants se demandent tout haut pourquoi Dieu tolère le Mal, pourquoi il ne protège pas le Monde des catastrophes, pourquoi il permet que des monstres violent et tuent des enfants sans défense. La réponse à ces questions leur est pourtant connue de longue date, puisqu'elle est inscrite dans un livre plus âgé qu'eux, mais elle ne fait pas leurs affaires. Se croyant au supermarché, ils opèrent des choix, et ne retiennent des paroles de Dieu, que celles qui leur conviennent. Or, la cause est entendue :

Le culte des idoles sans nom
est le principe, la raison et l'aboutissement de tout mal. †33

Les idoles sont étymologiquement les “ choses ” que vous voyez, et ces choses n'ont pas de nom, c'est-à-dire, pas d'être. Un seul possède un nom – le Nom : Celui qui a dit se nommer : « Je Suis » – au passé, au présent et au futur. DIEU SEUL EST ; DIEU EST SEUL. Mais l'idolâtre attribue aux choses le Nom incommunicable et impartageable (l'Être) ; il les hisse au même niveau de réalité que Dieu en les croyant réelles. Et plus les choses-qui-ne-sont-pas paraissent réelles à ses yeux, plus Celui-qui-est perd de sa consistance, s'efface et disparaît. « Dieu est mort ! », finit-il par clamer, sombrant dans la folie. [Extrait des pages 170-171]

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Voici encore quelques points de repère historiques :

Il y eut une guerre dans le ciel : Mikaël et ses anges faisaient la guerre au Dragon. Et le Dragon fit la guerre, ainsi que ses anges, et il n'eut pas le dessus, et on ne trouva plus leur place dans le ciel. Et il fut jeté, le Dragon, le grand Dragon, le Serpent, l'antique Serpent, celui qui est appelé Diable et le Satan, celui qui égare le monde entier, il fut jeté sur la terre, et ses anges furent jetés avec lui… †37

Si la symbolique de l'Apocalypse vous paraît obscure, considérez-la comme un jeu destiné à tester votre connaissance de l'Écriture : cherchez les clés, vous les trouverez dans le reste de la Bible. Ainsi, le dialogue suivant, entre Jésus et ses disciples, éclaire la citation précédente :

Les soixante-douze s'en revinrent avec joie, disant : « Seigneur, même les démons nous sont soumis par ton Nom ! » Il leur dit : « Je regardais le Satan tomber du ciel comme un éclair ! » †38

Le nom de Mikaël est une question ; traduit de l'hébreu, il signifie : « Qui est comme Dieu ? » Le lecteur qui a foi en l'Évangile, doit évidemment répondre : « Jésus ». Mikaël est donc ici un alias de Jésus, et les anges sont les soixante-douze disciples. De même, servez-vous des clés déjà identifiées : “ Le ciel est la métaphore de l'esprit ” †39, par exemple. La guerre dans le ciel est la guerre dans l'esprit : par sa parole, Jésus blesse à mort l'Idolâtrie – maladie de l'esprit – et expédie l'ignorance de Dieu au fond des oubliettes de l'Histoire… mais pour mille ans seulement :

Je vis un ange descendre du ciel avec la clef de l'Abîme et une grande chaîne dans sa main. Il saisit le Dragon, le Serpent, l'antique Serpent, qui est le Diable et le Satan, et il le lia pour mille ans. Et il le jeta dans l'Abîme, qu'il ferma et scella sur lui, pour qu'il n'égare plus les nations, jusqu'à ce que soient achevés les mille ans ; après cela, il doit être délié pour quelque temps †40 : il s'agit de la rechute annoncée, du retour en force de l'esprit impur…

Quand les mille ans seront accomplis, le Satan sera libéré de sa prison ; et il sortira pour égarer les nations qui sont aux quatre coins de la terre – Gog et Magog –, les rassembler pour la guerre, eux dont le nombre est comme le sable de la mer… †41

Malheur à la terre et à la mer, car le Diable est descendu chez vous en proie à une grande colère (†42), sachant qu'il n'a que peu de temps. †43

Après avoir envoyé le monde civilisé au fond de l'Abîme, c'est-à-dire, du point de vue moderne, l'avoir renvoyé à l'obscurantisme pour mille ans †44, l'église du Christ fait la chasse aux pionniers de la science, freinant la progression du Mal. Quand Satan reparaît vers l'An Mil, la Trinité infernale n'est en effet pas immédiatement au complet. Il faut d'abord que le Diable guérisse la Bête de la plaie mortelle infligée par le Christ. Après cette résurrection (que d'autres livres d'histoire que la Bible nomment : “ la Renaissance ”), il lui faut encore attendre neuf siècles que la longue gestation du Faux prophète arrive à son terme. Voilà pourquoi il ne lui reste en fin de compte que peu de temps pour faire en sorte que la terre entière apostasie… [Extrait des pages 172-174]




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