Ouverture du quatrième sceau
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Chers appelés, vous l'aurez compris, “ Le signe du Fils de l'homme ” est une explication de Textes écrite à votre intention. Pourquoi en avez-vous besoin ? Parce que les Textes qui peuvent vous permettre de devenir des élus, sont scellés. Cette situation s'est déjà produite dans le passé : Jésus dut expliquer à ses contemporains les Textes d'alors, eux aussi scellés. Depuis l'âge de douze ans (au temple, avec les docteurs) jusqu'après sa résurrection (épisode des pèlerins d'Emmaüs), il a passé son temps à faire des explications de Textes aux uns et aux autres. Comme leurs lettres en témoignent, ses disciples et apôtres firent de même.

Grâce à leurs explications de Textes, la porte du royaume de Dieu s'ouvrit pour mille ans, et beaucoup d'appelés devinrent des élus. Mais entrez aujourd'hui'hui dans une librairie religieuse ou parcourez les répertoires des bibliothèques, et vous comprendrez, au nombre d'interprétations et de controverses que l'Écriture a suscitées et suscite encore, que la confusion est maintenant totale : à l'évidence, quelqu'un a refermé la porte du Royaume et, comme il y a deux mille ans, le Livre est de nouveau scellé :

Toute révélation est devenue pour vous comme les mots d'un livre scellé.
On le donne à quelqu'un qui sait lire, en disant : « Lis ceci »,
et il répond : « Je ne peux pas, il est scellé. »
On donne le livre à quelqu'un qui ne sait pas lire, en disant : « Lis ceci »,
et il répond : « Je ne sais pas lire. » †1

Hormis les prophéties, conçues pour éviter qu'on les prévienne, ou le chiffre de la Bête, l'Écriture n'est pourtant pas cryptée. Vous devez pouvoir la comprendre, petits enfants, puisqu'à vous a été donné [de connaître] le mystère du royaume de Dieu, alors que pour ceux qui sont du dehors, tout se passe en paraboles, afin que « regardant, ils regardent mais ne voient pas, et qu'entendant, ils entendent mais ne comprennent pas, de peur qu'ils ne reviennent et qu'il ne leur soit pardonné ». †2

Ces derniers, quand ils lisent le Livre, ne le comprennent pas †3, car ce qui s'y trouve écrit s'oppose radicalement aux intérêts qu'ils ont dans le Monde et qu'ils n'abandonneront jamais. En leur envoyant une force agissante d'égarement qui les fait croire au mensonge †4, Dieu les renforce dans leur erreur, afin qu'ils accomplissent malgré eux tout ce qui est écrit !

« Ceux qui sont du dehors » sont en effet ceux qui – refusant l'enseignement de Dieu – imaginent que le ciel et la terre sont faits de choses qui sont. Happés affectivement par ces objets qu'ils croient réels †5, ils se retrouvent projetés au sein d'un monde extérieur qui n'est pourtant qu'imagination †6. Si, pleins de leur bêtise, ils entreprennent de transmettre cet esprit impur à tous, et en particulier aux enfants, ils font alors obstacle à la volonté divine de salut qui consiste précisément à rompre le charme maléfique du trompe-l'œil idolâtrique. Ces fous qui s'accrochent à des choses qui ne sont pas et contaminent sciemment les autres, Dieu les égare, afin qu'ils ne comprennent rien jusqu'à cette Fin du Monde qu'ils s'emploient de toutes leurs forces à provoquer.

Ajouter une explication de Textes aux autres, alors que tout cela est inscrit noir sur blanc dans le livre le plus vendu au monde, ne peut par conséquent viser qu'un objectif : apprendre enfin à lire à ceux dont l'apprentissage de la lecture à été délibérément saboté. Ceux qui lisent aujourd'hui la Bible ont en effet appris à lire à l'école ; ils ont été instruits par des enseignants chargés de leur transmettre un enseignement qui n'est pas de Dieu, en violation du principe selon lequel : « Tous seront instruits par Dieu †7 ». Résultat, aucun ne sait lire, tout se passe pour eux comme si le Livre était scellé.

Conjointement à leur apprentissage de la lecture, les faux prophètes les ont en effet initiés à la “ découverte ” des êtres animés ou inanimés censés composer le monde (extérieur). Durant cette éducation, des noms ont été associés à des représentations, définissant ainsi a priori – dans ce qui n'était pour eux qu'un continuum – le contour des êtres. Depuis, la compréhension qui naît de leur lecture dépend d'une certaine image de la réalité imprimée en même temps que les mots dans leur esprit vierge et confiant. Et c'est là que le bât blesse : cette image leur a été transmise par des gens qui ne voient pas la Réalité telle qu'elle est – cette image faussée par la bêtise, Jean l'appelle : « l'image de la Bête ».

Ceux qui ont été ainsi éduqués ne peuvent donc qu'achopper sur des Textes qui ne correspondent en rien à cette image de la réalité que l'école leur a donnée et qui est dorénavant la leur. Leur vision des choses ne correspond plus à celle que Jésus, les évangélistes ou les apôtres leur ont transmise par delà les siècles, car cette transmission s'est interrompue en l'An Mil, lorsque l'enseignement mensonger des hellènes a de nouveau usurpé la place du sain et saint enseignement de Dieu.

En transmettant à ceux qui habitent sur la terre cette image faussée du Réel, le Faux prophète a aussi fait en sorte que cette dernière pense et parle †8 : des annonces argumentées de nouvelles “ découvertes ” scientifiques †9 viennent chaque jour renforcer le mirage qui sert de référence à tous, condamnant à l'exclusion ceux qui voudraient s'en détourner, scellant toujours plus la parole de Dieu †10. Résultat : quelle image adore-t-on aujourd'hui sur terre : celle de la Bête ou celle de la Bible ? De quelle parole doute-t-on : de celle des scientifiques ou de celle de Dieu ?

Certains imaginent qu'en mélangeant science des hommes et parole de Dieu ils auront une vue plus juste de la réalité, mais ils se trompent, il n'y a pas de compromis possible entre l'enseignement du Christ et celui des antichrists – ni même de neutralité : « Qui n'est pas avec moi est contre moi †11 » ! La Vérité ne s'aménage pas : tout ce qui s'en écarte n'est que mensonge. Voulez-vous aller droit à l'essentiel ? Prenez très au sérieux ce verset d'Isaïe que le chapitre « Connaissance de la Vérité » vous présente comme la clé de l'Apocalypse :

Ces gens m'honorent des lèvres, mais leur cœur est loin de moi,
Vain est le culte qu'ils me rendent,
puisqu'ils enseignent pour enseignements des préceptes d'hommes ! †12

Cette citation d'Isaïe (d'après les Septante) énonce formellement le contentieux qui oppose Dieu au peuple qu'Il avait jadis choisi pour dispenser Son enseignement à toutes les nations. C'est un texte capital, puisque ce reproche divin s'adresse aujourd'hui à la terre entière, suite à la renaissance de la Bête (l'hellénisme) et à la proclamation mondiale de l'Évangile. Aujourd'hui comme hier, Dieu reproche aux hommes de délaisser Son enseignement au profit du leur – de le remplacer par le leur. Cela peut paraître véniel à un esprit “ moderne ”, mais rien n'est plus vital, puisque, ce faisant, l'Humanité s'écarte de la Vérité pour s'égarer sur les voies infinies de l'invention.

Il y a deux mille ans, Jésus partait en guerre contre une version encore limitée de ce mal : « Abandonnant le commandement de Dieu, vous vous attachez à la tradition des hommes » †13, reprochait-il aux Pharisiens et aux scribes, juste après leur avoir opposé la citation d'Isaïe. Mais aujourd'hui, comme il l'avait annoncé †14, après une période de rémission due à son action et celle de son Église, le mal s'est généralisé : le mauvais esprit est allé quérir sept autres esprits plus mauvais que lui, et l'enseignement de l'homme est passé du stade artisanal à l'ère industrielle, laminant l'enseignement de la Vérité.

Constatant la morbidité de leur monde, Jésus et ses disciples déduisirent ce qui tôt ou tard ne manquerait pas d'arriver : le retour en force des faux prophètes et la grande détresse qui s'ensuivrait. Pour sauver les élus de la malignité d'un enseignement accrédité par toutes sortes de manifestations de puissance †15 – comme aux jours de Noé, comme aux jours de Lot – Dieu provoquerait la Fin du Monde. Petits enfants, l'Enseignement n'est pas seulement au cœur de la guerre entre les trinités divine et infernale, il en est aussi le champ de bataille.

L'Esprit dit expressément que dans les derniers temps, certains se détourneront de la foi pour s'attacher à des esprits séducteurs et des enseignements de démons… †16 Un temps viendra où ils ne supporteront plus le sain Enseignement, mais suivant leurs propres inclinations et l'oreille les démangeant, ils s'entoureront d'un grand nombre de professeurs, et détourneront l'oreille de la Vérité pour se tourner vers des inventions. †17

Il se lèvera en effet de faux christs et de faux prophètes, qui feront de grands signes et des prodiges, de façon à égarer, si possible, même les élus. †18 Car le retour du Sans-loi s'accompagnera, selon l'énergie de Satan, de toutes sortes d'actes de puissance, de signes et de prodiges trompeurs. †19

À la lecture de ces lignes, comment ne pas comprendre que « les derniers temps » sont venus ? L'enseignement élaboré et dispensé par l'homme a relégué l'enseignement de Dieu aux rayons poussiéreux de la pensée primitive et des bondieuseries. Une nouvelle image de la Réalité a remplacé celle que Dieu avait donnée aux hommes. L'image de la Bête est une représentation scientifique (et donc humaine) du réel, directement corroborée par des signes tangibles d'efficacité et de puissance, mais implantée de force dans les têtes enfantines au cours d'un conditionnement long et intensif, contrôlé et évalué quotidiennement à l'aune de critères humains.

La conformité de ce dressage étant à terme certifiée par l'apposition d'une marque sur la main (pour les “ manuels ”) ou sur le front (pour les “ intellectuels ”), indispensable sauf-conduit pour un monde de relations commerciales, où nul ne peut ni acheter, ni vendre – c'est-à-dire survivre –, s'il n'a de qualification

Et elle fait que tous, les petits et les grands,
et les riches et les pauvres, et les hommes libres et les esclaves,
on leur fasse une marque sur leur main droite ou sur leur front,
pour que nul ne puisse acheter ou vendre,
sinon celui qui a la marque, le nom de la Bête OU le chiffre de son nom†20

Car le Monde de la Bête ne tourne qu'avec un moteur à deux temps : « acheter ou vendre ». Le nom de ce moteur est « COMMERCE », et pour faire marcher le COMMERCE, il faut un personnel qualifié, c'est-à-dire des hommes et des femmes marqués sur leur main ou leur front d'un stigmate clairement identifiable : le nom de la Bête, « IDOLÂTRIE ».

N'avez-vous jamais vu cette marque imprimée au fer rouge sur des mains ou des fronts ? Laissez Paul vous ouvrir les yeux. Quand il écrit : Faites donc mourir vos membres terrestres : débauche, impureté, passion, mauvais désir, ainsi que la cupidité, qui est une idolâtrie †21, que veut-il dire, sinon que le cupide est aussi l'idolâtre ? Ce qu'il confirme par ailleurs : Car sachez-le bien, nul débauché, nul impur, nul cupide – c'est à dire nul idolâtre – n'ont d'héritage dans le Royaume du Christ et de Dieu. †22

Car l'amour de l'argent est la racine de tous les maux. †23

Étant donné que le culte des idoles sans nom est le principe, la raison et l'aboutissement de tout mal †24, vous comprendrez que l'amour de l'argent est une forme d'idolâtrie.

Parce qu'il renvoie au personnage ridicule de l'avare, et que les marchands sont aujourd'hui les grands de la terre †25, le cupide paulinien peut paraître caricatural ou démodé, mais son rôle moteur dans le mercantilisme qui anime la société de consommation est primordial – l'argent mène le Monde ! Le terme grec traduit ici par “ cupide ” signifie littéralement : « avoir davantage ». Le cupide est celui qui n'en a jamais assez : il veut avoir toujours plus, et surtout s'approprier ce qu'ont les autres.

Il est donc improbable que vous n'ayez pas remarqué ces idolâtres marqués au fer rouge. En se montrant âpres au gain †26, ils ont choisi leur maître : nul domestique ne peut servir deux seigneurs : ou bien en effet il haïra l'un et aimera l'autre, ou bien il s'attachera à l'un et méprisera l'autre. Vous ne pouvez servir Dieu et Mamon †27, ni porter simultanément leurs marques. Mais que le sceau du Dieu vivant †28 imprime la marque de Dieu sur votre front, et celle de la Bête disparaîtra – qu'il s'agisse de son nom ou du chiffre de son nom.

C'est ici qu'il faut faire preuve de perspicacité !
Que celui qui a de l'intelligence calcule le chiffre de la Bête ;
car c'est un chiffre d'homme,
et son chiffre est six cent soixante-six. †29

Pour vous aider à résoudre cette énigme, petits enfants, Jean a laissé un indice à votre intention : « c'est un chiffre d'homme », a-t-il écrit. Comme pour vous dire : « Remplacez “ un chiffre ” (un code) par l'expression littérale dont la valeur est six cent soixante-six. Trouvez ce “ quelque chose ” qui appartient à l'homme, et vous aurez gagné ! »

Si vous suivez ce guide, vous devriez en effet découvrir qu'il existe un lien entre la formule « c'est un chiffre d'homme » et le verset de Marc cité plus haut dans ce chapitre : « Abandonnant le commandement de Dieu, vous vous attachez à la tradition des hommes »… « Tradition » pourrait-il être le terme attendu ? Les manuscrits les plus anciens du Nouveau Testament étant en grec, le calcul utilisera donc la correspondance numérique des lettres de cet alphabet. En grec antique, « TRADITION » (en translittérant) s'écrit « paradosis ». L'addition des valeurs de chacune des lettres donne dans l'ordre :

80 + 1 + 100 + 1 + 4 + 70 + 200 + 10 + 200… soit 666 !

Un résultat †30 qui attire fortement l'attention sur la « tradition des hommes » ou « d'homme », même s'il peut laisser indifférent ceux qui privilégient le sensationnel. Il faut donc revenir sur un incident qui ne retient en général pas suffisamment l'attention de ceux qui scrutent les textes évangéliques…

À Génésareth, Jésus s'accroche violemment avec quelques scribes et Pharisiens à propos de leur « tradition ». Il les accuse de vouloir sournoisement remplacer les préceptes divins par les leurs, et va même jusqu'à leur dire (d'après Matthieu) :

VOUS AVEZ ANNULÉ LA PAROLE DE DIEU
À CAUSE DE VOTRE TRADITION. †31

Accusation particulièrement grave portée contre des rigoristes tels que les Pharisiens, et qui vient s'ajouter au reproche divin cité plus haut :

ILS ENSEIGNENT POUR ENSEIGNEMENTS
DES PRÉCEPTES D'HOMMES ! †32

Dieu – par lui-même ou à travers son Fils – constate que le peuple par lequel devaient se bénir toutes les nations †33 est atteint d'un mal au pronostic désastreux, et il envoie son Fils y remédier : les hommes s'enseignent en effet réflexivement leurs inventions, annulant ainsi la Parole qui les fait vivre †34.

La transmission des connaissances (d'origine humaine) aux générations à venir †35 est en train de s'organiser, et l'enseignement de préceptes humains est devenu rituel au sein même du peuple élu, avec la complicité des religieux qui devaient le préserver de telles dérives païennes. De toutes les raisons qui pousseront les autorités juives à éliminer Jésus, une seule sera vraiment déterminante : le danger qu'il représente pour leur tradition. Car, sous l'anecdote des disciples qui passent à table sans d'abord se laver les mains, c'est la transmission de l'esprit impur †36 aux générations futures qui est en jeu.

Le monde de la Bêtise ne peut, en effet, se développer sans s'approprier « l'Enseignement » – seconde corne du Faux prophète †37. Si les connaissances (constructions mentales) qu'un “ chercheur ” invente ne sont pas transmises à la postérité, sa mort met un terme à ses élucubrations, et tout est à recommencer. Par conséquent, le “ savoir ” humain doit se substituer au contenu de l'enseignement divin, à « la Loi », et ainsi se transmettre. C'est donc une transmission de connaissances humaines que Jean vise au treizième chapitre de l'Apocalypse, une tradition illégale et pervertie, « une paradosis d'homme ».

Le terme grec étant aussi employé dans le Nouveau Testament pour désigner la pure transmission du message évangélique †38, la précision : « c'est un chiffre D'HOMME », permet ainsi de lever l'ambiguïté, comme dans ce verset de Paul :

Prenez garde que personne ne vous piège au moyen de la philosophie
et d'une vaine spéculation selon LA TRADITION DES HOMMES,
selon les éléments du monde, et non selon Christ. †39

De ce point de vue, le sanglant anéantissement du petit monde juif par les forces de l'Empire apparaît donc comme l'ablation d'une tumeur maligne doublée d'une sévère cautérisation ! †40 Mais le reste du monde méditerranéen, acquis à la culture hellénistique et à l'origine de la contamination de la Palestine, est évidemment dans un pire état. Aussi le christianisme va-t-il l'investir de toutes parts, renvoyant inexorablement la « brillante » civilisation gréco-latine au tréfonds de l'obscurantisme, différant d'au moins mille ans son apothéose… et sa fin !

Le quatrième sceau est maintenant brisé,
parachevant le cycle des quatre cavaliers de l'Apocalypse.




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