Ouverture du cinquième sceau
LA VÉRITÉ CAPTIVE

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Car, en vous dispensant leurs « leçons de choses », les faux prophètes ont évidemment fait en sorte de vous amener à croire que vous étiez entourés d'objets et d'êtres réels – que vous étiez vous-mêmes des êtres humains. Conséquence, là où il n'y a jamais eu que des noms et des images, vous “ voyez ” maintenant des êtres. Et le seul être qui soit réellement, Lui qui est à l'origine de toutes choses, vous ne le voyez plus ! Telle est l'idolâtrie généralisée.

Les pauvres hères qui voyaient jadis un dieu – c'est-à-dire un être – dans un bloc d'or façonné à l'image d'une bête n'étaient encore en proie qu'à une forme d'idolâtrie restreinte. Malheureusement, même à ce stade précoce, le pronostic de cette maladie de l'esprit est désastreux. Quand on s'appelle Moïse ou Jésus, on peut s'opposer à l'inéluctable et provoquer des rémissions qui sauvent des âmes, mais tôt ou tard le Mal revient en force, et la fièvre s'empare du Monde… [Extrait de la page 200]

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Mais avant d'en arriver là, il vous faut retrouver l'Enseignement véritable, oser croire à ce qui est écrit noir sur blanc dans le livre scellé le plus lu au monde ! Car tout est là. La base de toute science, la source de tout savoir, la réponse à toutes les questions, bref, l'ultima ratio. Mais méfiez-vous des faux prophètes qui viennent à vous vêtus en brebis et qui, au-dedans, sont des loups rapaces †15 : tout “ scientifique ”, tout savant qui cherche et professe autre chose que ce qui est écrit, est nécessairement de ceux-là…

Oui, vains par nature tous les hommes en qui se trouvait l'ignorance de Dieu, qui, en partant des biens visibles, n'ont pas été capables de voir Celui-qui-est, qui, en considérant les œuvres, n'ont pas reconnu l'Artisan.

Au contraire, c'est le feu, ou le vent, ou l'air rapide, ou la voûte étoilée, ou l'eau impétueuse, ou les luminaires du ciel, qu'ils ont regardés comme des dieux gouverneurs du monde ! Que si, charmés de leur beauté, ils les ont pris pour des dieux, qu'ils sachent combien leur maître est supérieur, puisque c'est l'Auteur même de la beauté qui les a créés. Et si c'est leur puissance et leur énergie qui les ont frappés, qu'ils en déduisent combien plus puissant est Celui qui les a formés, car la grandeur et la beauté des créatures font, par analogie, percevoir leur Créateur.

Cependant, ceux-ci ne méritent qu'un léger blâme ; en effet, peut-être ne s'égarent-ils qu'en cherchant Dieu et en voulant le trouver. Bouleversés par ses œuvres, ils les scrutent et se laissent prendre aux apparences, tant ce qu'on voit est beau ! Pourtant, eux non plus ne sont pas excusables, car s'ils ont été capables d'acquérir assez de science pour pouvoir conjecturer le monde, comment n'en ont-ils pas promptement découvert le Maître ! †16 [Extrait de la page 201]

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