Ouverture du cinquième sceau
CAÏN M'A TUÉ

Croire aux présupposés d'une science et d'un enseignement dont les fruits amers trahissent chaque jour un peu plus la fausseté, et se laisser guider par des faux prophètes qui n'ont pas une vue juste de la Réalité, expose à des conséquences fâcheuses :

Laissez-les : ce sont des aveugles guides d'aveugles ;
et si un aveugle guide un aveugle, tous les deux tomberont dans un trou. †1

Dans le trou de l'étang de feu et de soufre, c'est-à-dire dans ce qui restera du Monde après la Bombe. Qui peut en effet s'opposer à la bêtise des hommes du monde, des hommes d'affaires, des hommes modernes ? Personne, et surtout pas moi, Abel, puisque ces hommes sont les descendants de mon frère Caïn, celui qui m'a tué ! [Extrait de la page 209]

[...]

Mes œuvres étaient justes, parce que je n'achetais pas, ne faisais pas d'acquisitions, ne jouais pas au créateur – en quelque domaine que ce soit –, ne formais rien, ne possédais rien, ne produisais rien. Pour subsister, j'élevais les bêtes que le Ciel mettait à ma disposition, et pouvais ainsi me consacrer à l'essentiel. Autrement dit, je m'abandonnais à la Providence, comme Jésus devait plus tard le recommander à ceux qui cherchent le Royaume et sa Justice :

N'ayez pas d'inquiétudes pour votre vie, de ce que vous mangerez ; ni pour votre corps, de quoi vous le vêtirez. La vie n'est-elle pas plus que la nourriture, et le corps plus que le vêtement ? Regardez les oiseaux du ciel : ils ne sèment ni ne moissonnent, ni ne serrent dans des greniers, et votre Père céleste les nourrit ! Ne valez-vous pas, vous, beaucoup plus qu'eux ?

Qui de vous, à force de soucis, peut prolonger sa vie d'une seule coudée ? Et du vêtement pourquoi vous inquiéter ? Observez comment poussent les lis des champs : ils ne travaillent ni ne filent. Or je vous dis que Salomon dans toute sa gloire, n'a jamais été vêtu comme l'un d'eux. Si l'herbe des champs – qui est là aujourd'hui et demain sera jetée au four – Dieu la revêt de cette manière, ne fera-t-il pas beaucoup plus pour vous, gens de peu de foi ?

Ne vous inquiétez donc pas, disant : « Que mangerons-nous ? » ou : « Que boirons-nous ? » ou : « De quoi nous vêtirons-nous ? » – toutes choses, en effet, que les païens (†7) recherchent ! – car votre Père céleste sait que vous avez besoin de tout cela. Cherchez d'abord le Royaume et sa Justice, et tout cela vous sera surajouté. Ne vous faites donc pas de souci pour demain, car demain aura souci de lui ; à chaque jour suffit sa peine. †8

La recherche du Royaume doit être votre seule préoccupation ; ne vous souciez pas de l'intendance, c'est l'affaire de Dieu : il vous en a fait la promesse écrite. Et n'allez surtout pas juger ou critiquer la manière dont il s'y prend : ce n'est pas votre affaire. Concentrez-vous seulement sur la recherche du Royaume : c'est tout ce qu'il attend de vous.

« Marthe, Marthe, tu t'inquiètes et tu t'agites pour beaucoup de choses ;
pourtant, UNE SEULE EST NÉCESSAIRE… » †9

[Extrait des pages 212-213]

[...]

Il faut dire que les auteurs de la Genèse usent dans ces deux récits d'un procédé didactique subtil qui leur permet de proclamer la Vérité sans pour autant que ses ennemis l'entendent. Dans son enseignement en paraboles, Jésus admet faire de même, lorsqu'il dit à ses disciples : À vous a été donné [de connaître] le mystère du royaume de Dieu, alors que pour ceux qui sont du dehors, tout se passe en paraboles, afin que « regardant, ils regardent mais ne voient pas, et qu'entendant, ils entendent mais ne comprennent pas, de peur qu'ils ne reviennent et qu'il ne leur soit pardonné » †23 [Extrait des pages 216-217]

[...]




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