Ouverture du sixième sceau
SI LE GRAIN NE MEURT

Petits enfants, après avoir lu cette explication de Textes, certains d'entre vous ont souhaité m'interroger sur plusieurs points. Je vais donc maintenant répondre à leurs questions.


Question 1 : « Si Dieu seul est, si Dieu est seul, qu'est-ce qui existe en dehors de lui ? Qui existe en dehors de Lui ? »

Réponse : Rien ni personne n'existe en dehors de Lui. L'Écriture dit en effet que toutes choses subsistent en Lui. †1 [Extrait de la page 257]

[...]

Question 5 : « Si rien n'existe en dehors de l'Esprit, y a-t-il une création ? »

Réponse : Il y a bien une création, mais ce n'est pas une création d'êtres. Prendre ce qui paraît dans l'Esprit pour des êtres, voilà l'idolâtrie. Quand on ignore la nature de la Réalité et comment elle fonctionne, on tombe toujours dans l'idolâtrie. Mais tu te demandes probablement à quoi ressemble “ une création qui n'est pas une création d'êtres ”...

C'est UN PEU COMME… un romancier qui crée de toutes pièces des personnages, sans pour autant créer des êtres humains (comme on imagine généralement qu'il y en a…) ; cela n'empêche pas certains lecteurs de se passionner pour ces personnes fictives, et de penser à elles, même après avoir terminé le roman. Des dizaines d'années après leur création, il en est dont on parle encore comme si elles avaient un jour vraiment existé…

Ou COMME des spectateurs qui crient ou sursautent en visionnant un film fantastique particulièrement captivant, tant ils sont pris par le réalisme de créatures pourtant tout droit sorties de l'imagination. L'œil se laisse d'abord prendre à ce qui n'est qu'une illusion d'optique (principe du cinéma), puis c'est l'esprit qui voit des êtres qui n'ont jamais été et ne seront jamais.

Ou COMME les Hébreux, qui tombent en adoration devant un veau d'or parce qu'ils croient voir un être dans ce qui n'est que l'œuvre de leurs mains. Leur idolâtrie (restreinte) sert de modèle à l'idolâtrie (généralisée) qui consiste à croire qu'il y a quelque chose AU-DELÀ de ce que l'on “ voit ” : cette erreur est à l'origine de toute douleur.

Note bien que ces comparaisons n'illustrent que de façon limitée ce que sont la Création (par le Logos) ou l'Idolâtrie : mieux vaut ne pas les pousser trop loin…


Question 6 : « L'Esprit peut-il amener quelque chose à l'existence ? »

Réponse : C'est l'Esprit qui amène l'existence : il n'y a pas d'existence en dehors de Lui. Mais des ignorants peuvent imaginer qu'il existe quelque chose hors de l'Esprit, c'est-à-dire, hors de ce qui est. Ils prennent alors les créations de l'Esprit pour des êtres, pour des dieux. Cette chute à l'extérieur de l'Esprit, dans les ténèbres du dehors, s'accompagne inévitablement de tout un cortège de douleurs : l'existence, au commencement paradisiaque, devient éprouvante. D'où la promesse divine : « La mort ne sera plus ; ni deuil, ni cri, ni douleur ne seront plus. †11 » C'est en ce sens que l'Esprit peut amener quelque chose à l'existence. [Extrait des pages 259-261]

[...]

Question 11 : « Si j'existe et si je rêve (ou si je cauchemarde), comment puis-je en prendre conscience, puis en avoir l'intime conviction ? »

Réponse : À l'époque de Jésus, se débarrasser de l'esprit impur constituait déjà un problème d'une telle complexité que, pour l'exposer à ses disciples, il était obligé de le modéliser. Il leur disait : « Je vous ai dit cela en similitudes. Elle vient, l'heure où je ne vous parlerai plus en similitudes, mais où je vous informerai ouvertement du Père. » †23 Cette heure viendra pour les Douze (recomposés) le jour de la Pentecôte †24 : ils seront alors en prise directe avec l'information vitale.

Aujourd'hui que l'esprit impur a ramené dans le logis (balayé et rangé par Jésus) sept autres esprits plus mauvais que lui †25, la parole salvatrice doit être plus imagée que jamais. Si tu veux que l'Esprit Saint descende aussi sur toi et y reste, il faut t'appliquer à jongler avec la substitution analogique, et à lire la Bible – ainsi que ce petit livre – au second degré plutôt qu'au premier. Des multitudes ont trop longtemps regardé le doigt au lieu de la lune : s'il te plaît, ne les imite pas ! Garde toujours en tête cette formule de Paul :

LA LETTRE TUE, MAIS L'ESPRIT FAIT VIVRE. †26

Les métaphores sont en effet partout dans la Bible et, partant, dans ce que j'écris. Elles sont comme des médicaments dont on ne peut se passer pour lutter contre le Mal, mais qui présentent un risque important : essentiellement, que les patients les prennent au premier degré (la lettre tue). Ainsi, j'utilise le rêve en tant qu'analogie : tu ne peux donc pas prendre conscience que tu rêves et en conserver l'intime conviction. La vie en ce monde n'est pas un rêve, mais elle y ressemble tellement, que le rêve en constitue le modèle idéal (contrairement aux modèles réduits de la question 5, qui n'illustrent qu'un aspect du problème). [Extrait des pages 264-265]

[...]

Parce qu'aujourd'hui le Faux prophète contrôle tous les esprits, personne n'enseigne que le message de Jésus fut aux antipodes de la morale dite « judéo-chrétienne » ; ni les faux prophètes, évidemment, ni l'intendant fidèle et prudent que le seigneur a établi sur sa maisonnée pour donner la nourriture en temps voulu. †32 Car il y a longtemps, alors que les railleurs répétaient déjà : « Où est-elle, la promesse de sa venue ? » †33, cet intendant se dit en son cœur : « Mon seigneur tarde à venir », et il se mit à battre les garçons et les filles, à manger, à boire et à s'enivrer. †34 [Extrait de la page 267]

[...]




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